Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /2008 23:17

 

 

« COMMENT LES DOCKERS ONT étouffé Marseille ».

 

( Titre de l’édition  de Martigues du samedi 7 juin).

 

Et les sardines alors ? Quand vont-elles boucher le vieux Port ?!

 

Dans notre dernier article sur ce blog, intitulé «  carton jaune à Monsieur Alvarez », nous regrettions que la Provence gaspille ses colonnes pour traiter de sujets aussi futiles que les 6000 euros annuels de frais de représentation du maire de port Saint louis, alors que des évènements beaucoup plus importants se déroulent dans notre région.

 

Bien entendu nous faisions référence aux importants mouvements sociaux sur le Port Autonome de Marseille.

 

Malheureusement, à lire la PROVENCE de samedi (édition Istres/ Martigues), et notamment son article sur les blocages de la circulation par les grévistes à l’entrée de Marseille, on s’en mordrait presque les doigts.

 

Car cet article est une véritable « CAGADE ! » comme on dit chez nous.

 

A croire que le journaliste qui a rédigé cet article s’appelle Monsieur Brun et qu’il était descendu de Lyon la veille au soir, tout frais moulu dans ses souliers vernis et son chapeau de feutre, diplômé d’une grande école de la capitale.

 

Sans jamais avoir vue la mer, ni abordé un syndicaliste, il devait probablement se rappeler que jadis… la sardine… elle avait bouché le vieux port pardi !

 

 A sa décharge il est vrai que le parler Marseillais ne s’apprend pas en cinq minutes, ni d’ailleurs le bon sens légendaire des provençaux qui va avec.

 

Que pouvions nous lire samedi en 1° page, et en très gros;

 

«  Comment les dockers ont étouffé Marseille »

 

« dès 7 h 30, les dockers, opposés au transfert des activités de manutention au secteur privé ont bloqué les autoroutes. »

 

Or, et non seulement, ce ne sont pas les dockers qui étaient en grève mais les agents du Port Autonome.

 

Ce qui n’est pas du tout la même chose.

 

Les agents du Port Autonome sont employés part le PAM, et les dockers sont employés par des sociétés d’acconage (Eurofos , Seayard, Intramar).

 

Au surplus les dockers pourraient difficilement faire grève pour s’opposer au transfert de leur activité vers le secteur privé alors que précisément ils ont déjà un statut de droit privé depuis plus de 15 ans.

 

Cet article prêterait presque à rire si l’on faisait abstraction de deux choses particulièrement essentielles.

 

D’une part on fait retomber la mauvaise humeur des automobilistes, et des lecteurs en général, contre des dockers qui n’y sont pour rien.

 

D’autant que depuis de nombreuses années, ils ont fait preuve d’une maturité politique certaine dans l’usage du droit de grève, et se sont exprimés sans créer de dommages collatéraux notoires.

 

On continue de faire des dockers des boucs émissaires parce que, dans une opinion publique totalement intoxiquée, tout le monde est prêt à accueillir sans discernement cette légende urbaine, qui fait du dockers l’éternel perturbateur des ports Français.

 

Il serait d’ailleurs encore totalement injuste de jeter la pierre aux employés du PAM qui étaient les vrais manifestants, alors qu’ils sont en permanence menacés et provoqués par les pouvoirs publics, au motif d’une nécessaire réforme dont on distingue toujours mal les contours.

 

On remarquera en passant, que la prospérité qui est promise en contre partie de cette réforme risque de se faire attendre pour les populations locales,  alors qu’elle est déjà bien au rendez vous pour ceux qui la demande à corps et à crie , et notamment certaines compagnie Maritime.

 

En témoigne la tour érigée par la CMA CGM qui s’élève comme un véritable doigt d’honneur à l’encontre de ceux qui ont compris les véritables enjeux de toutes ses manœuvres, et démasqué ceux qui entendent bien tirer les marrons du feu à l’avenir.

 

D’autre part, il est quand même très grave qu’un média local puisse autant se tromper sur un évènement qui s’est déroulé sous ses fenêtres.

 

A moins que ce dérapage ne s’explique par la tentation toujours plus grande de devenir, comme leurs collègues de la politique, les « hommes de l’opinion » ;

 

 » Ces prisonniers de la caverne qui ne veulent rien savoir et tuent leurs compagnons libérés, dans le mythe fameux de la république. Ils sont plongés dans l’obscurité et entendent y rester.

 

En fait ils ne détestent rien tant que la lumière : la pensée, la connaissance véritable les exaspère. », ( Platon).

 

D’ailleurs s’agit il d’un dérapage isolé? et  bien pas du tout !

 

La Provence rapportait récemment dans ses colonnes et sans s’en offusquer les paroles du préfet Sapin qui disait ; 

 

» Saadé à Marseille, c’est comme Dreyfus à l’OM, le jour ou il s’en va le port perdra 30à 40 % des parts de Marchés ».

 

Comment peut on laisser dire des bêtises pareilles ?  Le jour ou la CMA ne fera plus escale à Marseille, la place sera instantanément reprise par d’autres compagnies Maritimes et le port ne perdra aucune part de Marché.

 

Les parts de Marché du Port de Marseille ne dépendent pas de la personnalité des intervenants mais de la santé du bassin PACA/ Rhône Alpes, à destination, ou à partir duquel les marchandises sont expédiées.

 

Donnons comme exemple le déséquilibre entre le nombre de conteneurs importés et le nombre de conteneurs exportés ; S’il y a beaucoup moins de conteneurs exporté ce n’est pas la faute de la manutention, ni des compagnies maritimes, mais le simple fait que l’économie française est moins compétitive à l’exportation. Même si les couts de manutention étaient réduits à Zéro, il n'y aurait pas plus de marchandises à exporter.

 

Toujours dans le même article, le préfet Sapin a même poussé la plaisanterie jusqu’à affirmer que Marseille devait améliorer sa compétitivité vis-à-vis des ports comme Barcelone et Gènes, mais aussi vis-à-vis de Malte ( !?) et de Tanger ( !?) ;

 

Comme si, pour livrer un conteneur à Lyon, on avait le choix entre débarquer à Marseille, l’île de Malte ou Tanger (Maroc).

 

Pour le reste on remarquera, que dans cet article, il n’y a pas une ligne, pas un mot, sur le « Quand ? », « Pourquoi ? », et « comment « de la réforme.

 

Ni même d’ailleurs sur l’opportunité de mettre le feu aux poudres (car telle est la conséquence des interventions du premier ministre M. Fillion sur ce sujet) au moment ou l’économie Française a besoin de sérénité, de calme, et surtout pas de conflits sociaux.

Rien ne se construit durablement dans la rupture !!
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Par Le modem de port saint louis du rhone
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