Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /2009 01:24

La faillite de notre système de retraite, dit ‘par répartition », est redouté depuis déjà quelques années par les statisticiens, et ce dossier a semble t’il embarrassé longtemps quelques gouvernements successifs.

 

Toutes les réformes qui ont été régulièrement envisagées tendent à inciter les salariés à allonger leur durée de cotisation.

 

Mais, et cela est un principe universel ; il ne suffit pas que les décisions soit prises pour qu’elles soit bonnes.

 

La question se posera de manière continue quand à l’opportunité, la justesse, et l’efficacité de chacune.

 

Est il opportun d’inciter les seniors à travailler plus longtemps quand le chômage des jeunes est très élevé ?

 

Est il juste de s’attaquer aux régimes spéciaux, alors que la durée d’activité a parfois été un mobile déterminant du choix d’un employeur (public ou privé) ?  

 

Ces trois critères mériteraient certainement un plus long développement, mais il est un point singulier qui mérite discussion et qui concerne tous ceux qui effectuent de longues études.

 

Les étudiants qui effectuent plusieurs années d’études secondaires coûteuses, consomment une partie significative du patrimoine de leurs parents (ce sera autant de moins qui leur sera légué plus tard).

 

D’autre part, il y a bien longtemps que les diplômés ne sont plus assurés de recevoir des propositions d’emploi franchement très supérieures en salaire à celles de leurs amis, qui n’ont pas étudié, et qui au final ont souvent une situation au moins aussi enviable que la leur.

 

Pourtant il est incontestable qu’un diplômé produit plus en valeur, et qu’en conséquence la société gagne plus sur son dos.

 

Or, ils seront obligés de travailler plus tard que les autres puisqu’ils n’ont pas cotisé pendant leurs années d’études,  et peut être jusqu'à 65 ou 70 ans.

 

Après avoir travaillé plus dur pendant la jeunesse, après avoir consommé une partie de leur patrimoine en investissant dans leurs études, est il normal qu’ils soient obligés de travailler plus tard que les autres ?

 

Personnellement je ne le pense pas.

 

Les études supérieures sont un investissement professionnel important, or toutes les sociétés commerciales ont la possibilité d’amortir leurs investissements qui viennent en déduction du montant imposable, alors que les étudiants paieront leurs impôts plein pot dès leurs premières années d’activité avec souvent l’obligation d’aller trouver du travail bien loin  de leur famille.

 

Voilà de quoi décourager nos jeunes d’effectuer de longues études. Et pourtant !

 

Si la France a rayonné dans le monde c’est bien grâce à ses ingénieurs, médecins et chercheurs, qui constituent notre classe industrielle.

 

Dans l'Organisateur qu’il publie en 1820 le célèbre économiste Saint-Simon utilise une parabole pour exposer son point de vue sur la "classe industrielle", "la classe fondamentale, la classe nourricière de toute société, celle sans laquelle aucune autre ne pourrait subsister" ;

"Supposons que la France perde subitement ses cinquante premiers physiciens, ses cinquante premiers chimistes, ses cinquante premiers physiologistes, ses cinquante premiers banquiers, ses deux cents premiers négociants, ses six cents premiers agriculteur (et Saint-Simon continue en énumérant les principales professions industrielles), comme ces hommes sont les Français les plus essentiellement producteurs, ceux qui donnent les produits les plus importants, la Nation deviendrait sans âme à l'instant où elle les perdrait.

Elle tomberait immédiatement dans un état d'infériorité vis-à-vis des Nations dont elle est aujourd'hui la rivale et elle continuerait à rester subalterne à leur égard, tant qu'elle n'aurait pas réparé cette perte, tant qu'il ne lui aurait pas repoussé une tête".


"Admettons que la France conserve tous les hommes de génie qu'elle possède dans les sciences, dans les beaux-arts, dans les arts et métiers, mais qu'elle ait le malheur de perdre le même jour Monsieur, frère du Roi (le futur Charles X), Monseigneur le duc d'Angoulême (et ainsi de suite Saint-Simon énumère tous les membres de la famille royale) et qu'elle perde en même temps tous les grands officiers de la Couronne, tous les ministres d'Etat avec ou sans départements, tous les conseillers d'Etat, tous les maîtres des requêtes, tous les maréchaux, tous les cardinaux, archevêques, évêques, grands vicaires et chanoines, tous les juges, et, en sus de celà, les dix mille propriétaires les plus riches parmi ceux qui vivent noblement (les oisifs), cet accident affligerait certainement les Français parce qu'ils sont bons, mais cette perte des trente mille individus réputés les plus importants de l'Etat ne causerait de chagrin que sous le rapport sentimental, car il n'en résulterait aucun mal politique pour l'Etat".

C'est l'élite des savants et des chefs d'entreprise, celle qui fait la richesse de la France, et non l'élite des oisifs, qui doit donc gouverner. (Une telle déclaration le conduira d’ailleurs devant la Cour d'Assises (crimes) en 1820, il sera acquitté).

Ne sommes nous pas aujourd’hui en train de décourager les vocations, comme le craignait déjà St Simon au 19° siècle.

 

Il serait donc certainement équitable que toutes les années effectuées post baccalauréat + 2 années, et sanctionnées par un diplôme soient au moins comptées comme autant d’années de cotisation retraite.

 

Pourquoi ne pas envisager aussi que les frais de scolarité fassent l’objet d’une déduction fiscale à partir des premiers mois d’activité.

 

Ce serait peut être aussi un bon moyen de remettre à l’honneur la réussite scolaire.

 

Le débat est lancé, mais à titre de comparaison la vidéo suivant vous instruira utilement. 

(ARTICLE ECRIT PAR THIEERY TAMISIER LE 2/02/09°

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Le modem de port saint louis du rhone - Publié dans : article de thierry Tamisier
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