Cela finira peut être par devenir un classique du genre.
Comme il y a un peu plus d’un an (précédente édition en novembre 2007), s’est tenue ce vendredi 13 février 2009, à la Halle Parsemain à Fos sur mer, ce que les organisateurs ont appelé « une grande réunion des anti-incinérateur ».
Cette réunion organisée par le SAN ouest Provence avait pour maître de cérémonie son président, M. Bernard Granier, qui en justifiait l’opportunité dans le cadre des actions pour s’opposer à l’entrée en service de l’incinérateur d’ordures ménagères construit à Fos sur mer, et plus particulièrement compte tenu de la décision de M. Caselli président de la communauté urbaine de Marseille de ne pas mettre un terme définitif à ce projet.
Rappelons que « les forces de gauche » et le Modem s’étaient toujours prononcés contre la mise en service de cette installation, que le pouvoir de décision est aujourd’hui entre les mains du président de la Cum le socialiste Caselli, et qu’après avoir reçu les conclusions d’un audit sur les conséquences économico juridico financières de l’arrêt du projet ce dernier a finalement décidé que la construction de l’incinérateur irait à son terme.
On rajoutera à titre tout à fait anecdotique qu’il entend cependant diminuer la capacité initiale de l’incinérateur au profit de la méthanisation.
Et pour être tout à fait complet, qu’il a l’entier soutient de M. Jean Noël Guérini actuel président PS du conseil général.
Environ 800 personnes étaient présentes comme pour la précédente édition.
Installés à la tribune on comptait une dizaine d’intervenants, dont M. Granier et plusieurs maires des communes de Ouest Provence (Bernardini pour Istres, RAIMONDI pour Fos, Vigouroux pour Miramas, Charrier pour port Saint Louis, le maire de Grans et une autre personne ?) auxquels s’ajoutaient les présidents de deux associations de défenses (Gérard Casanova, CSE de Port Saint Louis et Daniel Moutet président du FRGF), et enfin le docteur Vincent Besin de Port saint louis du Rhône venu témoigner de l’état sanitaire des populations riveraines.
Installés en ligne à la tribune tous ces messieurs auraient pu inspirer le tableau de LEONARD DE VINCI le dernier repas du Christ.
Sauf que le compte n’y était pas, puisqu’ils n’étaient que dix.
Mais en rajoutant Michel Vauzelle, Jean Noel Guérini, et Eugène Caselli on aurait certainement été au complet sans oublier JUDA.
C’est d’ailleurs un peu comme cela que Bernard Granier devait l’entendre, lui qui pour ne pas que l’histoire se répète, et avant de ce faire crucifier dans le rôle du prophète, a préféré envoyer au pilori sans autre forme de procès son ami (ou ancien ami ; dieu seul le sait) Jean Noël Guérini.
C’est donc par une projection sur écran géant d’images d’archives d’un débat Gaudin contre Guérini au moment des municipales 2008 que commençait cette réunion.
On y montrait sans doute possible GUERINI affirmer que ; lui aux affaires l’incinérateur ne se ferait pas.
Rappelons que c’est grâce à cet engagement qu’il avait reçu le soutient de Jean Luc Benhamias et du Modem pour le deuxième tour de l’élection municipale à Marseille.
Tout était dit, on avait été trahis, on pouvait presque rentrer à la maison.
Alors bien sûr, comme il est de coutume en pareilles occasions; chacun a pris tour à tour la parole pour se faire un peu de « pub » politique (c’est bien normal), dans son propre style, mais avec un discours assez récurant sur le dénie de démocratie dont les riverains étaient victimes, les méfaits de l’incinérateur, son engagement indéfectible auprès des populations, et l’état sanitaire inquiétant.
Et au final, très peu de choses sur les actions réellement à mettre en œuvre pour gagner la bataille si ce n’est « en vrac » ; de venir manifester le 19 février à Marseille devant la cum, d’envoyer différents courriers et recours gracieux au président de la cum, ou de menacer de quelques procédures judiciaires dont on connaît l’efficacité, puisqu’à ce jour aucune n’a jamais mené à rien.
Finalement l’ambiance était assez "bon enfant", Bernard Granier semblait à son aise dans son rôle de grand prêtre, et on
aurait presque imaginé que tout allait s’arranger tellement la messe était bien dite.
On attendait presque la colombe qui viendrait nous annoncer la fin du déluge portant dans son bec un rameau d'olivier.
Applaudissement, émotion effet de voix, tout y était…. Sauf l’essentiel ;
La réponse à la question ; Quelle stratégie politico, juridico, socialo, financière et technique nos grands chefs étaient ils en mesure de nous proposer pour en sortir ?
La parole est finalement donnée à l’auditoire et les témoignages angoissés, et même terribles, se succèdent de personnes qui craignent pour leur santé et celle de leurs proches.
Nous voilà au moins replongés au centre de la problématique.
Il n’est plus question de la survie des iguanes aux Galapagos ni de l’épaisseur de la banquise, mais de ce qui se passe devant notre porte, de maladies des enfants, des cancers.
Plus le temps passe plus il m’est difficile de supporter les attitudes d’auto satisfaction de certains.
J’avais pourtant décidé de garder le silence.
Un vendredi soir fatigué de la semaine, ne me semblait pas des conditions idéales pour exprimer mon mécontentement, et à quoi bon finalement, face à une telle débauche d’hypocrisie.
Je regardais en spectateur silencieux, presque fasciné, notre très gargantuesque grand maître de cérémonie se taper sur le ventre, pour mieux digérer le flot de béatitude qu’il était encore parvenu à déclencher mais jusqu’où……….FICHTRE JUSQU'A CE QUE JE PUISSE ALPAGUER UN MICRO NON DE DIEU !!
La Sono est un peu forte mais c’est parti ; pas
besoin de note ça fait une heure que je rumine.
Au cours de mon intervention j'ai soulevé cinq points
exactement;
1. J'ai indiqué qu'il y aurait au moins deux voies contre la décision de caselli à la CUM, celles de Benhamias et de Madrolle les représentants du MODEM.
2. j'ai réagit à l'intervention de Jean Marc charrier sur la distribution des responsabilités dans cette affaires et qui tentait de minimiser la responsabilité de Mrs Caselli et Guerini au motif
qu’ils ont hérité d’une situation.
J’ai alors indiqué que je comprenais que les élus socialistes ne se sentent pas très bien dans leur costume mais qu'à mon
sens les Guérini et Caselli étaient au moins aussi coupables que Gaudin puisqu'ils avaient aujourd'hui le pouvoir de décider.
En précisant que si Gaudin est un adversaire politique les traîtres sont aujourd’hui Caselli et Guérini.
3. Je me suis encore étonné de la faiblesse des propositions émises pour gagner la bataille et qui se résumaient à attendre, et attendre encore, et de limiter la gestion de cette crise à quelques échanges de courriers entres les maires du SAN et la présidence de la CUM, et la menace de quelques procédures judiciaires.
J’ai soutenu que l’on aurait pu faire preuve de beaucoup plus d’imagination et de créativité, en précisant que si finalement personne ne sait quoi faire, il fallait démontrer que nous le savions et que nous le faisions.
Le tout en regrettant que nous n’ayons pas fait de Port Saint Louis une ville pilote en matière de tri sélectif.
Je me suis étonné enfin que M. Granier ait donné l’impression d’apprendre un beau matin de février la position de Caselli
alors que nous la connaissions officieusement depuis déjà quelques mois.
4. J'ai ensuite relevé la demande de Raimondi adressée aux corps intermédiaires (notamment les associations) de poursuivre leur combat, en rappelant que nul combat n'est possible sans financement
et que j'avais déjà eu l'occasion d'interpeller Bernard Granier sur ce point en réunion publique au moment des municipales.
Que rien n'avait changé, et que les fastes de cette grande messe, et les budgets cumulés des maires présents, contrastaient singulièrement avec les comptes particulièrement vides des
associations.
J'ai encore précisé qu'en tant que membre du CSE de Port Saint Louis (dont le président est Gérard Casanova qui était présent à la tribune et qui ne m’a pas contredit) les réunions commençaient
souvent par la question du paiement de quelques photocopies et que nous n'avions pas le premier sou pour émettre un tract.
5. J'ai enfin réagit aux interventions terribles qui m'avaient précédé, et particulièrement aux personnes qui disaient avoir un cancer dont on supposait que l'origine était de nature
environnementale.
Une personne avait même précisé qu'il y avait à Fos une avenue du cancer tant les cas étaient nombreux.
Sur ce point j'ai d'une part fait remarquer que les gens n'avaient pas attendu que l'incinérateur soit mis en service pour tomber malade.
D'autre part que si on se préoccupait de la combustion d'un incinérateur qui s'exprimait en centaines de milliers de tonnes, il s'agissait de millions de tonnes en ce qui concerne l’usine Sollac
(MITTAL), plus probablement à l’origine de ces pathologies.
Et de rajouter enfin qu'à ceux qui pourraient répondre par des arguments économiques, on pouvait toujours à ce compte là , décider de rester malade pour ne pas prendre le risque de mettre des
infirmières ou des médecins au chômage.
Il s’en est suivi un silence glacial qui valait, me semble t’il, au moins autant que les applaudissement Béa aux affirmations du grand prêtre.
Cette intervention a visiblement agacé M. Granier qui aurait du se faire un plaisir de me renvoyer dans mes buts s’il avait eu quelques arguments valables à opposer, d’autant qu’il n’était pas dans un débat à un contre un et qu’il restait encore au moins 6 personnes à la tribune pour donner la contradiction.
Au contraire, et non sans une certaine mauvaise foi, B. Granier a joué l’idiot en tentant de laisser croire que les subventions dont je parlais concernaient l’activité du Modem.
Je remarque qu’il applaudissait des deux mains aux témoignages des gens qui étaient malades, mais qu’il s’empressait d’écarter la discussion sur les autres pollueurs. Or c’est bien le problème de l’état de santé actuel des riverains.
En dehors de cela il n’a rien opposé à mon argumentation.
J’ai finalement été conforté dans mon intervention par des gens que je ne connaissais pas et qui sont venu à la fin de la réunion m’apporter un soutient plutôt inattendu et très discret, mais non moins déterminé, en me disant qu’ils partageaient mon point de vue.
Mais j’aurais pu dire encore beaucoup d’autres choses.
J’aurais pu m’étonner de l’absence de M. Vauzelle qui était pourtant présent à la grande messe de l’année précédente, ou que Jean Luc Benhamias qui a pris des positions affirmées contre l’incinérateur n’ait pas été invité.
J’aurais pu faire remarquer ;
_ Que le projet de l’incinérateur a débuté avant 2002 soit au moment ou la gauche était au pouvoir,
_ Que contrairement à ce qui était affirmé par M. Vigouroux l’installation n’appartient pas aux banques, et qu’il ne s’agit que d’un montage financier appelé Lease back qui diffère le transfert de propriété et qui permet ainsi à la banque d’avoir une garantie sur le prêt.
_ Que lorsque M. Garnier siégeait au PAM peut être avait il voté pour l’implantation d’un incinérateur.
Et ajouter encore que j’ai trouvé les intervenants parfois pathétiques ou
grotesques ;
Raimondi qui nous a encore joué le même rôle, avec les envolées lyriques de l’homme juste qui s’emporte, avec ses effets de voix et d’émotions qui n’apportent rien à la vraie question qui était posée, à savoir comment on peut en finir.
Le Pathétique Bernardini dans le registre ; « Non je ne suis pas celui que vous croyez ».
Le très hésitant Jean Marc Charrier qui s’est fait l’avocat du diable pour minimiser la responsabilité de ses petits camarades.
Le très transparent Vigouroux (maire de Miramas) dont on a vraiment du mal à se rappeler l’intervention.
Quant à Bernard Granier le festin s’est poursuivi….. jusqu’au dessert plus indigeste que lui aura finalement servi un petit représentant du MODEM.
Amitiés à tous.
Ecrit part Thierry Tamisier, le 14 février 2009.