Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 13:13

Me voilà particulièrement remonté par les informations qui me parviennent par mail (reproduites ci après), et au sujet des mouvements de grève sur le Port de Marseille. Certaines affirmations sont très surprenantes (les grévistes revendiques de ne travailler que 12 heures par semaines pour 4000 euros par mois), et  il me semble ensuite que la position exprimée dans ces messages manque un peu d’impartialité.

 

Il est toutefois un point de départ sur lequel tout le monde peut s’accorder c’est l’effet désastreux d’une grève qui s'éternise sur les tissus économiques locaux. Les grèves sur le port je connais pour en avoir été victime, mais je reste lucide quant aux responsabilités des uns et des autres.

 

mes photos 047

 

1. En octobre 2005, ce fut dèjà une expérience douloureuse.

 

Je dirigeais alors une entreprise de transport de conteneurs de 30  salariés, totalement dépendante des activités portuaires, et nous ne sommes jamais parvenu à redresser les pertes d’exploitation (10 000 euros par jour) engendrées par une grève des portiqueurs (qui dura 15 jours), avec blocage des terminaux et impossibilité d’accéder aux locaux de notre entreprise située à l’intérieur de l’enceinte portuaire. A cette époque (octobre 2005) je me suis battu avec l’énergie du désespoir, et  j'ai connu des moments de grande solitude, ce qui m’incite à rétablir un peu d’équilibre dans la recherche des responsabilités, et dénoncer une certaine hypocrisie. J’ai tout essayé (dépôt de plainte, forcer le barrage des grévistes, alerter les médias, agir en justice);

 

-Tout d’abord déposer plainte pour entrave à la liberté de circulation alors que les grévistes bloquaient les accès à nos bureaux situés à l’intérieur de l’enceinte portuaire ce qui caractérise un délit pénal. Outre d’avoir fortement insisté pour que le commissariat de Fos sur mer accepte ma plainte, celle-ci n’a jamais été suivi d’effet, le ministère public n’a pas jugé opportun de donner une suite à la plainte (les lois sont pourtant faites pour être appliquées). 

 

-Ensuite, forcer le barrage des grévistes ; un matin de folie j’ai décidé de forcer le barrage. Je me suis retrouvé entouré de 80 grévistes dont les plus virulents étaient prêts à faire le coup de poing. Après échange d’insultes et bousculades j’ai du rebrousser chemin.

 

-Solliciter les médias qui ont répondu présent. C’est ainsi que j’ai été interrogé sur place par France 3 qui a diffusé la séquence le samedi soir à 19 heures.

 

-Et enfin proposer à mes confrères transporteur de demander au Port autonome de Marseille réparation en justice pour le préjudice découlant des actes commis par ses salariés. C’est ce que l’on appelle la responsabilité du commettant du fait de ses préposés. Seulement deux transporteurs ont suivi, et nous avons obtenu la condamnation du PAM, par le tribunal de commerce d’Arles, au versement d’importants dommages et intérêts (plusieurs dizaines de milliers d’euros par transporteur). Curieusement, nous n’avions été que tièdement encouragés par les syndicats patronaux dans cette démarche de l'action en justice.

 

 Pour en savoir plus sur l'action en justice; 

http://www.lemodemdepsl.com/article-greves-sur-le-terminal-conteneur-de-fos-sur-mer-le-port-autonoma-condamne-par-la-justice--41201686.html

 

Au final c'est la chambre commerciale de la cour d’appel d’Aix en Provence qui est venue en aide au PAM pour réformer ce jugement, non pas sur le fond, mais pour une question de compétence très discutable (au motif que cette affaire ne concernait pas le juge judiciaire mais relevait de la compétence du juge administratif ; ce qui est faux alors que le Pam est un EPIC ; établissement industriel et commercial qui relève de la compétence du juge judiciaire). Bravo Messieurs ! Je continue malgré tout, et l’affaire est actuellement devant la cour de cassation.

 

Mais les syndicats patronaux et autres chefs d'entreprise qui s'agitent aujourd'hui, qu’ont-ils fait à cette époque ? Il serait opportun qu’ils nous le rappellent.

 

2. Pour se disputer il faut être deux.

 

Cela fait vingt ans que l'on "asticote" les ouvriers de la manutention portuaire avec de soit disant projets de réforme dont on cerne toujours très mal les contours, mais dont on comprend qu'ils tendent à transférer des activités vers des sociétés privées dirigées par « des gens bien placés" (comme la CMA/CGM) qui veulent  "prospérer" sur le dos des salariés. Il n'y a alors rien d'étonnant à ce que la situation dégénère.

 

Les vrais responsables ne sont ils pas le Port autonome de Marseille et les pouvoirs publics qui ont laissé hypocritement dégénérer la situation depuis des années ? Alors réfléchissez, et participez à élever un peu un débat qui a tendance à flirter les pâquerettes, et pour remettre chacun face à ses entières responsabilités!

 

En tout état de cause ce n'est pas en stigmatisant une profession que l'on fera avancer les choses.

 

Ci après e-mail diffusé par L’UPE 13., vous savez ce que j'en pense, A vous de juger !

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PORT DE MARSEILLE
36 portiqueurs CGT menacent 41 000 salariés et 3 000 entreprises

36 portiqueurs CGT, en bloquant les navires en rade et en refusant l'accès au port depuis des semaines, menacent plus de 41 000 salariés dont l'emploi dépend du Port de Marseille.

Sous couvert d'un pseudo intérêt collectif, ces portiqueurs défendent avant tout des privilèges personnels.


L'indécence de leurs revendications est édifiante :

 

- il faut savoir que leur rémunération moyenne est de 4 000 € bruts/mois, pour 18 h de travail hebdomadaire, avec 8 semaines de congés payés et que leur emploi est garanti à vie,

 

-          leurs demandes portent aujourd'hui sur le passage à 12 h de travail hebdomadaire (au lieu de 18 h/semaine), des primes supplémentaires mensuelles de 450 € et un départ à la retraite à 55 ans.

Refusant la simple application de la loi, ils entravent le travail de milliers de salariés, attachés au développement de leur outil de travail, et mettent en péril l'activité économique de toute une région. Les conséquences sont lourdes pour de nombreuses TPE /PME locales totalement bloquées depuis des mois.

-         
De plus, pour ce seul week-end : 11 000 croisiéristes n'ont pas pu débarquer ce qui représente une perte d'activité de 1 million d'euros pour les commerçants marseillais ; c’est maintenant la pénurie d’essence qui menace, sans parler de l'image catastrophique donnée de notre territoire.

Les méthodes inadmissibles d’une poignée de portiqueurs, la désinformation permanente de leur leader conduisent aujourd'hui l'UPE 13 à en appeler à la responsabilité de chacun d’entre eux et à mener le combat de la dernière chance pour sauver le Port de Marseille.

Pour défendre l'emploi de 41 000 salariés face aux privilèges de 36 portiqueurs, l’UPE 13 appelle à rejoindre le collectif " Touche pas à mon port " :
contact@collectifport.com

 

 

 

 

Par Le juge est en marche
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