Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 01:03

François Bayrou l’a brillamment expliqué à l’assemblée nationale, cette réforme est injuste car elle pénalise ceux qui ont le plus galéré, notamment les femmes et les étudiants qui font des études longues.

 

Cette réforme ne règle rien !

 

Dans un système ou le taux de chômage de longue durée est important, retarder le départ à la retraite de certains c’est retarder l’entrée dans la vie active pour les autres. Cela pénalisera l’assurance chômage, mais aussi l’assurance maladie en raison du risque plus important d’arrêt maladie après 60 ans.

 

- En tout état de cause il faudra bien nourrir tout le monde, car la France ne peut laisser la moitié de son peuple sur le bord du chemin.

 

 

Dès lors la bonne question n’est elle pas la suivante ; « comment peut-on à tout moment produire et distribuer suffisamment de richesse pour faire le bonheur de tous, inactifs compris ? »

 

Formulée de cette manière, elle nous renvoie à une approche plus réaliste de notre système de solidarité qui concerne les inactifs dans leur ensemble (retraite, maladie, chômage). Il ne s’agit pas de déshabiller Jacqueline pour habiller Paul, mais de produire suffisamment de richesse et de la distribuer équitablement, ce que François Bayrou appelle fort à propos dans son interview (4.30 mn) « se doter d’une politique de multiplication du travail et de l’emploi », question fondamentale sur laquelle le gouvernement à fait l’impasse.

 

- La répartition équitable des richesses produites n'est elle pas un préalable à toute réforme ? 

 

François Bayrou, qui reprend la position de Michel Rocard dans France soir, se prononce contre le financement des retraites par l’impôt, et affirme qu’un régime de retraite doit forcément être équilibré par lui même. C’est bien…en théorie, mais cela est il possible dans une économie piratée par les banques et les grands groupes industriels qui tirent toujours les marrons du feu. Dans ces conditions, le système des retraites pourra t’il trouver son point d’équilibre, alors que les employés n’ont pas le juste retour (en terme de salaire) de l’augmentation de productivité à laquelle ils ont participé, et dont ils font par ailleurs les frais (en terme de chômage).

 

On fait passer Ségolène Royal pour une cruche, mais n’a-t-elle pas un peu raison quand elle dit que les ouvriers travaillent (comprendre produisent) déjà plus ? Avec les progrès techniques de ces 20 dernières années les gains de productivité ont été considérables ; On produit plus avec moins de postes de travail. Ce qui signifie qu’il suffirait en principe de moins d’actifs pour assurer le bien être de tous. Or ce n’est pas le cas, et les gains de productivité ont probablement augmenté dans des proportions bien plus importantes que l’accroissement du taux d’inactifs (le déséquilibre des retraites n’est « que » de 10%, 30 milliards de déficit pour 279 milliards de pension).

 

Le temps n’est il pas enfin venu d’admettre qu’il y a deux mondes économique différents ; celui des PME/PMI, et celui des banques et des entreprises côtées en bourse qui échappent à tout contrôle ?  

 

Cette réforme ne va t'elle pas encore inciter à l'épargne et freiner la relance économique ?

 

Finalement, cette réforme  pourrait inciter bon nombre d’actifs  à épargner sur des assurances vie pour se constituer une retraite complémentaire par capitalisation. Ce sera autant d’argent que les institutions financières pourront placer sur des produits étranger comme elles l’avaient fait pour les « subprimes ». Les fonds de pension iront chercher de meilleure rentabilité dans des zones à plus forte croissance, et ce sera autant d’argent qui ne viendra plus vasculariser une économie française qui se vide de son sang,

 

Parlera-t-on enfin  d’une vrai politique économique et sociale pour notre pays, d’aménagement du territoire, de transports, d’éducation, de formation, et d’accepter des nécessaires mutations industrielles, d’art de vivre et d’écologie ?

 

Peut être en 2012…  avec François Bayrou.

 

Thierry Tamisier, le 27 septembre 2010 ?

 

Rsumé des idées proposées dans cet article ;

 

-Toute réforme d’une seule des composantes de notre système de solidarité (retraite), et qui ne prend pas en considération le système dans son ensemble (retraite, chômage, maladie, famille) ne fait elle pas que déplacer les problèmes vers les autres composantes ?

 

-La vrai question de fond n’est elle pas encore, comme le dit François Bayrou de réunir les conditions pour créer plus de richesse ? (politique de multiplication du travail et de l’emploi)

 

-Le déséquilibre ne tient il pas à ce que les gains de productivité ont été mal répartis entre le travail et le capital ? (si les salaires étaient plus élevés l'assiette des cotisations serait  plus importante) 

 

-Peut-on espérer avoir un système durablement équilibré, avec de simples réajustements assumés par les salariés, et sans taxer ceux qui ont profité plus que les autres de l’augmentation des gains de productivité ?

 

La discussion est ouverte, à vos commentaires.

 

Par Le juge est en marche
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