Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 00:28

Dans les processus de décision politique, combien de personnes ont les connaissances scientifiques suffisantes pour évaluer correctement les risques. Combien encore sont elles suffisamment équilibrées psychologiquement pour juger avec objectivité et détachement ? Probablement très peu, et leur influence se dilue dans la masse des décideurs mal informés, cupides et ambitieux qui « président » pourtant au destin de ce monde. Celui qui sait vraiment, n’est il pas condamné à hurler dans le désert ?

 

« Connaître autorise à juger, et  juger sans connaître est affaire de foi ». Alors Qu’il en soit ainsi ! Et que chacun se fasse sa propre religion pour un dieu qui aura bien justifié son rang.

 

Car seule une divinité peut engendrer des cataclysmes tels que les rédacteurs de la bible eux même ne les auraient pas imaginés. Le dieu « Atome » lui, il le peut, et il est… très susceptible.

 

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Une simple excitation électrique suffit à déclencher son courroux et la réaction nucléaire initiale  qui échappera au contrôle de l’homme comme à Tchernobyl, Fukushima, Three miles Island et d’autres endroits.

(Pour aller plus loin ; http://actu.orange.fr/environnement/photos/les-accidents-nucleaires-les-plus-graves-de-l-histoire/)

 

 Au final ce sont des milliers de kilomètres carrées de notre terre qui deviendront des lieux interdits pour très longtemps, car certains produits radioactifs mettent des années à perdre leur nocivité (l’Uranium 238 a une durée de vie de 4.5 milliards d’année !!). (Pour aller plus loin http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/uranium238et235.htm)

 

On dit qu’à la première heure dieu créa la peur et  la conscience. Mais si le monde du nucléaire est né dans les années 50, le dieu Atome n’a-t-il pas trop tardé à engendré la peur et avec elle la conscience.

 

Que de mensonges et de bêtises avons-nous entendus sur la sureté des centrales, alors que les incidents furent si nombreux, ainsi que sur l’électricité nucléaire bon marché.

 

Qu’elles seront les conséquences financières de la catastrophe de Fukushima ? Nous ne le savons pas encore.

 

Ce que nous savons c’est qu’après Tchernobyl il ne fallait pas moins 36 milliards de dollars pour remettre à niveau le parc nucléaire de l’ancienne union soviétique, comme le disait Jacques Atalli dans son ouvrage bien nommé ; « l’économie de l’apocalypse ».

 

Ce que nous savons encore c’est que le démantèlement des centrales nucléaires construites en Europe coutera plus de 2000 milliards d’euros, et que c’est inéluctable car toutes les centrales ont de toute façon une durée de vie limitée.

 

Voilà encore une dette colossale à la charge des générations futures, et cela semble un peu cher pour seulement une cinquantaine d’année d’exploitation.

 

Vous aviez dit bon marché ? Mais est-ce que ce monde est sérieux ?

 

Est il sérieux de laisser croire que l’on parvient à refroidir des réacteurs nucléaires avec des canons à eau, alors qu’en régime normal de production le circuit primaire d’un réacteur nucléaire a un débit de 60 000 m3/h avec de l’eau sous pression à 155 bars et dont la température de cette eau s’élève quand même  à plus de 300 degrés.

(Pour aller plus loin ; http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9acteur_%C3%A0_eau_pressuris%C3%A9e)

 

Il fait donc peu de doutes que le cœur des réacteurs qui n’ont pas été refroidis avec les moyens habituels ont fondu, même si personne ne l’a encore clairement annoncé, et cela va poser d’énormes problèmes. Tout d’abord parce que le combustible qui n’est plus confiné dans ses gaines contamine l’eau de refroidissement avec laquelle il a désormais un contact direct. D’autre part, le métal en fusion ne se manipule pas de la même façon que le métal solide ce qui pourrait obliger les japonais à tout ensevelir dans un sarcophage de béton.

(Pour aller plus loin ; http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/leconfinementdelaradioactivite.htm)

 

Est-il encore sérieux de proposer des centrales nucléaires à la Libye que l’on bombarde ensuite ?

 

Face à une telle réalité, le concept d’indépendance énergétique défendu si chèrement par la France, n’a-t-il d’autre contrepartie que de vendre son âme au diable ?

 

Mais peut être n’est il pas trop tard pour arrêter cette folie, alors que la production nucléaire mondiale ne représente finalement que 17% de la production totale consommée, soit bien moins que ce que l’on pourrait économiser avec une gestion plus responsable de l’énergie.

 

En attendant, prions le Dieu Atome.

 

Thierry Tamisier, le samedi 26 mars 2011.

 

Par Le juge est en marche
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