Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /2010 13:10

 
Bravo à mon ami Gégé, qui a été le premier à me poser la question qui découle logiquement de mon précédent article;


« Comme tu invites tes lecteurs, dont je fais partie à te poser la fameuse question, alors je te demande, si pour toi et malgré tout le Modem existe t'il toujours ???? » ;


Alors voila ma réponse, je la joue en trois billets ;


Si le MODEM était une société commerciale cotée en bourse, il me semble qu’au prononcé des résultats des dernières régionales, les actions vaudraient moins qu’un billet de 5 livres émis par la banque du Biafra.


festisite biafra pound 5On pourrait continuer l’analogie entre société commerciale et parti politique, en considérant que les clients des uns sont les électeurs des autres, et que les militants sont en quelque sorte les actionnaires des partis. Ils investissent leur temps, et parfois leur argent, participent aussi à l’exécutif, et n’hésitent pas, pour certains, à virer de bord à la moindre secousse.


Ce fut le cas au MODEM ces derniers mois avec bon nombre de défections, que ce soit en raison de désaccord sur la gouvernance, ou simplement pour ne pas rester dans une équipe qui perd.


Oui, Mais voilà, l’histoire démontre que les actionnaires ce sont souvent trompés, ce qui doit nous conduire un peu plus loin dans l’analyse de la situation, que le seul point de vue des militants, des électeurs, ou même des chroniqueurs pris dans leur ensemble.

Et n’oublions pas aussi les éventuels délits d’initiés, de ceux qui sont mieux placés que les autres pour tout connaitre.

Le MODEM c’est d’abord, encore, et toujours une doctrine ; bien que certains aient pu l’oublier, ou que d’autres n’aient jamais réalisé qu’elle existait.


 La doctrine, dont les grands axes ont été posés par François Bayrou aux élections présidentielles 2007,  a ceci d’original qu’elle sacrifie la confortable lisibilité sur un axe droite gauche au profit d’une action plus cohérente sur les problèmes de notre temps ; l’environnement, l’éducation, les relations Européennes, la démocratie, et la dette publique.


  Ces cinq grands axes qui ont été rappelés au congrès programmatique d’Arras sont primordiaux, car ils concernent les fondements même de l’état.


Tôt ou tard, un état trop endetté ne pourra plus assumer les fonctions régaliennes qui caractérisent sa souveraineté et qui ne font, en principe, l'objet d'aucune délégation ; la paix, la justice, la police, la monnaie. Donc, pas d’état souverain sans maitrise de la dette publique. Pas non plus de futur sans respect de l’environnement, ni d’environnement sans la démocratie qui est le droit de regard des habitants sur les activités exercées à proximité de chez eux (n’en déplaise aux lobbys). Et enfin point de progrès et de démocratie sans éducation, la démocratie peut devenir un calvaire quand trop de gens sont mal élevés.  Quant à l’Europe elle est avant tout une réalité juridique. Outre son intérêt politique qui peut se discuter, les relations économiques entre états sont devenues telles que l’on ne peu plus gérer les relations par des traités bilatéraux, et qu’un outil tel que « l’institution » Européenne était devenu indispensable.


Les grandes questions restent bien posées, il suffit maintenant d’entrer dans la phase de « développement », et tout simplement de faire de la politique, comme le font très bien Marine Lepen et Mélachon, mais dans le respect de notre doctrine, c'est-à-dire prendre des positions et les expliquer
.


Le MODEM a ensuite vocation à occuper un espace politique qui est le centre.
Même si la doctrine de ce mouvement lui permet de revendiquer un positionnement qui s’affranchi des anciens critères, il n’empêche que la conscience populaire à horreur du vide et qu’il lui faudra toujours quelque chose entre la gauche et la droite. Un espace plus calme, plus modéré, plus rassurant et neutre.

 Et c’est en cela peut être que François Bayrou a échoué. C'est-à-dire à proposer une approche plus concrète des problèmes, tout en acceptant la charge d’une certaine neutralité.

Certes cela compliquait singulièrement les choses dans la perspective de  constituer une majorité pour gouverner, mais à l’usage on a pu constater que les électeurs ont fait payer très cher au modem des prises de positions orientées vers un autre parti. Toutes les velléités de rapprochement avec les uns et les autres ce sont payées au prix fort ; François Bayrou qui appelle implicitement à voter pour Ségolène Royal en 2007 et le MODEM (UDF) perd 50%, arrivée de personnes marquées écologistes, et le MODEM recule encore, De Sarnez à Marseille en septembre 2009 avec Hue et Cohn Bendit, pour un rapprochement avec la gauche, et le Modem s’effondre. Corinne Lepage avait tord elle aussi  avec son idée de constitution d’un pôle écolo-démocrate.

 Avoir une approche politique in concréto des problèmes ne signifiait pas abandonner son espace politique d’origine pour faire du vagabondage. En tout cas ce n’est pas comme cela que l’entendaient les électeurs et ils ont su nous le rappeler durement. L’approche Modem est beaucoup trop universelle pour s’accommoder d’un rapprochement bancal avec les uns et les autres.


Le centre est un espace politique qui se suffit à lui-même. Les électeurs nous l’ont dit ;  vous nous avez fait rêver, il faut aller jusqu’au bout. Je parle bien des électeurs car on a trop souvent tendance à confondre le militant et l’électeur

   Mais tout n’est pas perdu car cet espace politique est toujours libre, et le MODEM est le mieux placé pour le reconquérir. Au préalable il sera nécessaire de structurer enfin le mouvement, ce que François Bayrou n’a jamais réussi à faire. C’est ce que disait de lui Daniel Cohn Bendit, et il est vrai que l’on peut difficilement le contredire. Il semble qu’il se soit montré peu intéressé à l’idée de développer un appareil politique performant. Mais peut être aussi n’a-t-il pas cru en la qualité de ses militants. C’est ce que l’on peut en déduire alors qu’il recherchait désespérément des têtes de listes aux régionales à l’extérieur de son mouvement. A moins qu’il n’ait été sous mauvaise influence ; J’aurais beaucoup aimé pour ma part lui poser certaines questions sur ce sujet, et à défaut nous en resterons à de simples hypothèses.

festisite us dollar 100L’appareil politique doit servir à animer et mobiliser les militants. Cette fonction est essentielle pour constituer des ressources et disposer de militants de qualité qui pourront se présenter aux élections. Cela permet aussi de faire émerger de nouveaux talents qui pourraient porter la parole du MODEM auprès des médias, avec un peu plus de fraicheur que ne le font aujourd’hui Jean Luc Bennahmias et Marielle de Sarnez.


Un homme seul ne fait pas tout, même de Paris, et François Bayrou aurait été mieux inspiré d’organiser son mouvement avec une vision plus entrepreneuriale. Il est des moments ou j’avais vraiment l’impression que le MODEM n’était plus qu’une usine désaffectée dans laquelle se tenait de temps en temps une réunion dans la guérite du concierge rouverte pour la circonstance, et alors que  la désinvolture avait largement pris le pas sur la rigueur.


La campagne des Européennes en PACA est un exemple éloquent. avec une tête de liste de dernière minute. Après les Européennes il fallait rapidement constituer les listes et mettre chacun face à ses responsabilités, nous aurions été ainsi mieux à même de pallier à des défections de dernières minute, tout en évitant les polémiques qui ont suivi.


Comme dans les entreprises, la méthode ça compte !


Mais cette structure politique, nécessaire à un parti qui veut jouer les premiers rôles n’a pas disparue, elle n’a tout simplement jamais existée.


Je n’ai pas compris le comportement de François Bayrou depuis un an, et  il semblerait que je ne sois pas le seul. Je m’élève encore contre l’attitude de certaines personnes qui se sont octroyés des pouvoirs exorbitants, pour aboutir aux résultats que l’on connaît ; le départ massif des militants. Je pense finalement que la question du qui est qui ? Et du qui fait quoi  au Modem ? Est une question dont on ne pourra pas faire l’économie dans chaque fédération, au risque de voir le mouvement continuer de se ratatiner comme peau de chagrin.


Le MODEM est un mouvement qui m’a permis de rencontrer des gens cultivés et très attachants, et je crois que  pour durer en politique il faut prendre du plaisir.


Alors certes, beaucoup sont déjà partis, mais peut être ne sont ils pas encore très loin, car au fond d’eux même ils restent MODEM parce qu’ils ont adhéré à des principes qu’ils n’on pas reniés. Il suffirait de leur manifester un peu de la considération qu’ils méritent et il est probable qu’un grand nombre d’entre eux reviendraient spontanément. 


Le MODEM a donc toujours une excellente doctrine, et un espace politique de prédilection, il lui reste cependant à se structurer et remobiliser ces militants, ce qui ne semble pas à priori une tache insurmontable.


 
A ce stade de l’analyse, peut être que deux vices présidents du Modem ne partageraient pas mon point de vue, il s’agit de Corinne Lepage et de Jean Luc Bennahmias, puisque les deux sont maintenant à la tête d’une structure politique qui n’est pas le MODEM.  JLB a créé sa structure tout seul comme un grand et les militants dont je suis ont été mis devant le fait accompli en l’apprenant par voie de presse en pleine campagne des régionales ; Cette nouvelle structure politique a été exclusivement crée autour de ses amitiés notoires (ex verts), ce qui donne peut être un indice sur ses intentions à moyen terme ; Les démarches de Lepage et Bennahmias ont finalement beaucoup de similitude, de là à ce qu’ils poursuivent le même but….


Mais bon sang pourquoi ses pros de la politique tardent t’il finalement autant à lever l’ancre, alors qu’Ils semblent tous deux convaincus que l’herbe est plus grasse ailleurs, et qu’ils ont quasiment déjà chargé tous les meubles.


Reste t’il quelques militants à convaincre d’embarquer sur le navire CAP 21 ? Il est évident que Corinne Lepage s’y emploie.


Savent-ils quelque chose de plus qui m’échapperait ?


Comme par exemple un trésor de guerre du MODEM, et qui expliquerait que nos comparses trainent finalement les pieds pour partir. Parce que sans connaître le chiffre exact on peut estimer que le MODEM perçoit une subvention annuelle importante, puisqu’elle est proportionnelle aux voix obtenues par les candidats Modem aux législatives 2007, et que ce soit encore quelques Millions d’Euros qui trainent dans les caisses.


Les actions c’est toujours pareil c’est une histoire de gros sous.
 

Et le chef dans tout cela ? Il serait peut être temps qu’il commence à faire le ménage. Comment a-t-il pu accepter sans broncher le comportement de Corinne Lepage. Allez y François distribuez quelques bonnes baffes dont vous avez le secret à tous ceux qui essaient de vous faire les poches.


Alors, cher lecteur, et si vous avez bien suivi voici l’équation pour l’avenir ;


Doctrine + Espace politique + militant + appareil
+ Une caisse pleine

+ Un chef qui met des claques

= Electeurs

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Thierry Tamisier. le 19 mars 2010.

 

Par Le juge est en marche
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