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Le Journal d'un port saint louisien

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LE BUSINESS ET L'ECOLOGIE SONT LES DEUX FACES D'UNE MËME PIECE

(En réaction à un commentaire de l’un des mes amis du MODEM au sujet de l’écologie business).

 

Il y a des jours où mieux vaudrait tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler.

 

Si un trou dans une tomate suffit à te faire « gerber » (comme tu le dis), tu aurais besoin d’une bonne dose d’anxiolytique pour visiter le service des enfants cancéreux à la Timone et, à la vérité, ce serait certainement aussi mon cas.

 

On a bien sur compris que tes paroles avaient dépassé ta pensée, à une période de pleine lune et avec un peu de stress quotidien ça peut aisément se comprendre, et ça nous arrive à tous.

 

Finalement, allons voir le film de Jean Paul Jaud, « un jour nos enfants nous accuseront » et on en discutera après.


Cependant, l’occasion est trop belle de rappeler à tous, et en ces périodes de querelles d’appareil (ne m’en veut pas que je le fasse à l’occasion d’un de tes mails), que notre
mouvement est avant tout un parti qui se construit autour des cinq grandes lignes de son action politique, choisies par notre président au lendemain des présidentielles,  et qui correspondent à des domaines de la vie publique qui apparaissent les plus préoccupants pour les français.


Avec la dette publique, la formation des jeunes, l’Europe et la démocratie, la protection de l’environnement est une de ces grandes lignes.

Bien que nous soyons aussi préoccupés par les problèmes de réchauffement climatique, ou de la disparition des espèces, parler d’environnement aujourd’hui ne consiste pas seulement à se préoccuper de la survie des iguanes des îles Galapagos, mais aussi et surtout  de ce qui se passe devant chez nous, avec des conséquences directes sur notre santé et celle de nos proches.


Ta remarque, certes « épidermique » (mais quand même), du style « j’en ai marre de l’écologie business… tout cela est de la démagogie… c’est à gerber » je la rapproche de ceux qui disent que de toute manière il faut bien mourir de quelque chose, ou que finalement la pollution est un mal nécessaire pour ne pas revenir à l’âge de pierre, ce qui démontre que le combat est loin d’être gagné, mais ce qui nous indique aussi clairement un espace politique sur lequel notre mouvement a toutes les chances de prospérer.


Et j’y vois deux bonnes raisons ;

D’abord c’est le sens de l’histoire. Il y a indéniablement une prise de conscience de la dégradation de l’état de santé général de la population, sous l’impulsion d’associations de médecins, et que l’accroissement de la durée de vie grâce aux progrès de la médecine ne suffit plus à obérer.

Je ne serais d’ailleurs pas surpris que le thème majeur de la prochaine campagne présidentielle, soit le droit à vivre en bonne santé, après » la fracture sociale » et « le travailler plus pour gagner plus ».

Ensuite, parce que personne d’autre que nous, MODEM, n’est mieux à même d’occuper cet espace politique.

En effet, le problème de fond qui va se poser dans les toutes prochaines années est de savoir comment nous devons prendre le virage de la fin de l’industrialisation à outrance. Quelle économie, demain, pour notre région ?

Contrairement à ce qui est affirmé ici où là, la crise n’est pas que financière, il s’agit aussi d’une crise de mutation technologique.

Nous avons connus les quarante dernières années du 20° siècle une aire de la matière, dont la conséquence a été l’industrialisation à outrance, chimie, sidérurgie, mécanique lourde, puis son lent déclin qui a d’ailleurs commencé au début des années 80 avec la disparition de grands groupes industriels comme Creuzot Loire.

Aujourd’hui nous sommes entré dans l’aire de l’information !

Dans les activités économiques les coûts peuvent être classés entre deux grandes catégories; d’une part les coûts de structure (payer des bureaux, des bâtiments, des stocks de marchandises, des entrepôts, des salariés…etc) et d’autre part les coûts d’information (rechercher et négocier avec un sous-traitant, rechercher un client, trouver la matière première au fur et à mesure des besoins… etc).

Or, il existe un dilemme bien connu entre ces deux catégories de coûts. Si l’on diminue les coûts de structure on augmente les coûts d’information et vice versa.

En effet, pour effectuer un travail on peut par exemple soit embaucher, ce qui implique de payer un salarié à l’année avec tous les autres coûts de structure induits par sa présence, soit faire appel ponctuellement à la sous-traitance. Dans le deuxième cas on a moins de structure mais on n’est pas certain d’avoir à coup sur le service au moment ou en aura besoin sauf à être peu regardant sur le prix de la prestation achetée à l’extérieur.


Et c’est ce surcoût éventuel pour trouver ce que l’on cherche en ‘juste à temps » que l’on appelle le coût d’information, c'est-à-dire ce que cela coûtera de trouver ce dont on a besoin au moment ou on en aura besoin dès lors que l’on ne l’a pas en « stock » .

Au début des années 50, les coûts d’information étaient tellement élevés que l’on construisait des usines à proximité des consommateurs, qu’on logeait le personnel à côté de l’usine, que l’ouvrier ne connaissait qu’une entreprise dans sa vie.

Il faut reconnaître que les temps ont bien changé, et réaliser qu’avec le développement phénoménal des technologies de l’information intervenu dans les années 1990, on peut trouver la réponse à un besoin de plus en plus vite, de plus en plus loin, de plus en plus sûr.

Un chirurgien à Paris peut opérer un patient qui se trouve à New York, les entreprises travaillent à flux tendu, une cargaison peut changer 10 fois de propriétaire entre l’expéditeur et le destinataire final, le consommateur peut trouver en seulement quelques clics son vélo au meilleur prix, ou n’importe quel outil à la location et j’en passe.

Au final et pour la même création de richesse  (ou plutôt de bien être), il y aura  moins de déplacements, moins de bureaux, moins de hangars, moins d’outils, donc moins de production industrielle.

Et cela est une évidence qui politiquement ne fait ni les affaires de la droite, ni les affaires de la gauche.

Cette industrialisation à outrance avec la création de grands groupes industriels et internationaux a constitué le terreau d’une économie bis (ou fictive) sur lequel beaucoup vont s’enrichir sans créer de valeur réelle.

Le développement de la bourse a permis à certains de pouvoir lever des fonds quasiment à volonté, de s’affranchir des contraintes de l’économie réelle, de fausser les règles de la concurrence, et c’est fort justement d’ailleurs que François Bayrou avait soulevé cet injuste déséquilibre pour l’accès au crédit entre les grands groupes et les PME.

Ce même développement de la bourse a permis à d’autres de s’enrichir en jouant sur une variation des cours qui n’avait souvent qu’une lointaine corrélation avec la valeur économique réelle du titre, ce qui a conduit finalement à la crise des subprimes.

Ce ne sont d’ailleurs pas forcément ceux qui ont profité du système qui paieront les pots cassés. On pense aux lobbys, aux grands patrons, à « l’establishment », à une certaine droite libérale qui entretien des liaisons finalement pas si dangereuses que cela avec les politiques, et de manière plus générale tous ceux que Bernard Lavilliers vise dans sa chanson « les troisièmes couteaux » (Ils ne font rien ils se situent, ils prennent ,ils se gavent, il se tuent, requin banquier simple canaille, c’est le règne des troisième couteaux..).

Cette industrialisation à outrance a aussi constitué le terreau sur lequel vont prospérer les partis de gauche grâce à leurs antichambres ; les syndicats.

Les grands groupes industriels avec le potentiel d’adhérents qu’ils représentent sont le « fond de commerce » des syndicats, et l’essentiel de leurs ressources, grâce notamment aux cotisations et aux temps libres laissés aux représentants syndicaux pour exercer leurs activités.


Tant et si bien qu’aujourd’hui, qui mieux qu’un parti neuf comme le Mouvement démocrate, qui n’a pas prospéré dans l’ordre ancien, pourrait jouer ce rôle de générateur du changement si nécessaire, et porter très haut l’idée que, finalement, l’écologie n’est peut être plus un problème, mais la solution du problème, et que l' écologie et business sont les deux faces d’une même pièce.

 

Qui mieux que nous pour expliquer que notre région a subit un demi siècle de pollution, que les grosses usines moches et polluantes ont peut être permis à papa de gagner sa vie (souvent aussi de la perdre), mais ne sont pas une fatalité.

Qui enfin mieux que nous peut rassurer et expliquer qu’il existe un « après », et des voies de développement alternatives qui s’intègrent mieux dans le monde d’aujourd’hui et en tenant compte des outils dont on dispose désormais.

Mais comme le disait Machiavel ; « Le problème avec le changement c’est qu’il n’a pas plus tiède défenseur que ceux qui pourront prospérer dans l’ordre nouveau et plus farouches opposants que ceux qui ont prospéré dans l’ordre ancien ».

Alors dépêchons nous de régler les problèmes de querelles internes et au boulot !!!

 

 

 

 



 

 

 

 

Publié le 16/11/2008 à 21h57 dans article de thierry Tamisier

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