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Le Journal d'un port saint louisien

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COPENHAGUE ; « QU’IMPORTE LE FLACON POURVU QU’IL Y AIT L’IVRESSE » (LE DEBAT EST LANCE)

 

A la suite de mes derniers articles sur le sommet de Copenhague, les réactions ont été nombreuses. Et comme le disait un de mes amis du MODEM,  qu’importe la vérité scientifique sur le climat si les mentalités évoluent vers une prise de conscience de l’urgence écologique.  Pourquoi pas, serais je tenté de dire, alors que je partage moi-même ce point de vue de l’urgence écologique, et finalement ; « qu’importe le flacon pourvu qu’il y ait l’ivresse ».

 

Et bien non ! Ce qui gène certains climato-sceptiques dont je suis, ce n’est pas tant l’agitation autour de la question du climat, que le risque de s’engager sur une fausse route avec des conséquences irréversibles. Il faut se méfier de la dictature des bonnes intentions; s’occuper d’un malade c’est très bien, diagnostiquer une grippe à partir d’une fièvre alors que le malade à un cancer, ce n’est pas sans conséquence. Les climato sceptiques sont des écologistes beaucoup plus ambitieux; Ils ne veulent pas seulement soigner avec l’efficacité d’un emplâtre sur une jambe de bois, ils veulent guérir.

 

Il est indiscutable que les émissions de CO2 augmentent avec le développement des activités industrielles, même si le lien direct avec le réchauffement climatique éventuel est discuté. Mais, en tout état de cause, Le CO2 ne sera jamais qu’un indicateur intermédiaire, une simple branche de l’arbre. Et à supposer qu’il soit la cause du réchauffement climatique, il n’est toujours qu’une conséquence de notre mode de vie.

 

En traitant le problème à partir du CO2, le risque est de rendre les discussions plus abstraites, et de se positionner sur un domaine « gris » dans lequel les lobbys industriels n’ont pas d’adversaire. L’abstrait permet d’annoncer tout et le contraire sans se contredire. On va immanquablement entrer dans des considérations d’ordre géopolitiques inextricables, comme ce fut le cas par exemple pour les essais nucléaires, et chacun a fait ce qu’il a voulu en fonction de ses progrès techniques.

En parlant de réduire les émissions de CO2 on fait l’impasse sur les problèmes fondamentaux que sont les habitudes de consommation occidentales, et sur lesquelles le monde entier veut s’aligner. On présente aussi le problème sous l’angle du sacrifice, ce qui est assez pénalisant  sur un plan politique. Il ne faut pas dire ; « nous devons sacrifier une partie de notre consommation pour réduire d’autant les émissions de CO2 », mais plutôt ; « nous allons modifier nos habitudes pour mieux vivre notre temps, et pouvoir consommer plus de ce que nous aimons ». Vouloir modifier des habitudes est bien plus concret et réaliste que d’imposer une réduction, sans traiter les problèmes à la base.

 

C’est dans le libre arbitre que se cache la nouvelle prospérité, avoir le choix,  et non plus travailler pour payer très cher une voiture qui me permet de… travailler. Les diminutions des émissions de CO2 deviendront une conséquence obligatoire de cette prise de conscience.

 

Arrêtons de présenter l’écologie comme l’acceptation des contraintes environnementales, mais plutôt comme la solution aux problèmes économiques. Le transport, le traitement des déchets, la démocratie du risque, les politiques d’aménagement, l’éducation, voila autant de pistes pour soigner l’arbre par les racines.

 

Il faut une approche concrète des problèmes au plus près de leurs sources, et cela correspond tout simplement à la doctrine de base du MODEM (que l’on a trop tendance à oublier), et qui consiste à aborder les problèmes de;

 

-          Politique des transports ; alors que le taux de remplissage de nos véhicules habituels (l’auto) est de 25%. On doit permettre autant de déplacements mais avec moins de véhicules, des véhicules plus légers, mieux remplis, et qui consomment moins.

 

-          Politique d’aménagement du territoire, sans laquelle en outre on ne contiendra jamais la crise sociale. La reconquête des zones rurales et le démantèlement des banlieues, c’est la clef du problème.

 

-          Politique de gestion des déchets à partir de la maison. Chaque commune à son niveau, et surtout les plus petites, devrait avoir à cœur de devenir un exemple en matière de tri sélectif.

 

-          Politique de l’éducation de tous à un comportement responsable, avec des formations intégrées aux cursus scolaires.

 

-          Politique de gestion des grandes mutations industrielles ; cesser de croire qu’il n’y a pas d’avenir sans industrie lourde polluante. La région de Montpellier a multiplié par trois sa population en 30 ans sans industrie, quand Marseille perdait la sienne.

 

Sur tous ces thèmes l’occident devrait se positionner comme le bureau d’étude du monde, et à l’avant garde en matière d’amélioration du cadre de vie.

Mais il ne faudra pas se tromper de cible. Ce n’est pas encore gagné !

 

Ecrit par Thierry Tamisier, le 5 décembre 2009.

Publié le 06/12/2009 à 23h13

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